« Réchauffement climatique », « érosion de la biodiversité » : les expressions sont récurrentes, un peu inquiétantes mais semblent bien éloignées de nos préoccupations quotidiennes. Avec une progression d’environ 55km vers le nord de la France depuis 1996, la chenille processionnaire du pin nous le rappelle : le réchauffement climatique est bel et bien enclenché et ses effets sont dores et déjà visibles.
Photo de Lucas Baliteau
Le développement larvaire de la chenille processionnaire du pin a lieu pendant l’hiver, elle est donc particulièrement sensible aux variations même minimes des températures hivernales.
Ainsi, si la température descend en dessous de -16°C, toutes les chenilles meurent. De même, il faut que la température du nid soit au dessus de 9°C dans la journée, et que la nuit suivante la température de l’air soit supérieure à 0°C pour que les chenilles puissent quitter le nid et s’alimenter. Si une de ces deux conditions n’est pas remplie, la famine survient et les chenilles périssent (3).
La communauté scientifique s’accorde à dire que le réchauffement climatique est bien réel, on constate notamment une augmentation des températures hivernales. La processionnaire du pin a ainsi progressé de 55 km vers le nord depuis 1996 (4) dépassant largement son aire de répartition habituelle à savoir le bassin méditerranéen. On comprend bien que la disparition des températures défavorables au développement de la processionnaire a favorisé sa progression en latitude (vers le nord de la France) mais aussi en altitude (dans les Alpes, les Pyrénées et le Massif central) (1).
Une équipe de l’INRA d’Orléans prévoit, sous l’hypothèse du scénario climatique le moins pessimiste, une arrivée de la chenille processionnaire dans Paris intra-muros d’ici 2025 (4).
Présente à l’origine sur l’ensemble du bassin méditerranéen et sur la côte atlantique (en dessous de la ligne bleue), la processionnaire a étendu son aire de répartition vers le nord de la France sous l’effet du réchauffement climatique de ces trente dernières années.
La ligne bleue montre l’aire de répartition de la processionnaire du pin en 1980 (données CEMAGREF).
Les lignes noire et rouge montrent l’aire de répartition de la processionnaire en 2006 (données INRA) respectivement au niveau du front nord et du front du Massif Central.
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Source : INRA |
Pour plusieurs raisons.
D’abord, parce que c’est une manifestation concrète du réchauffement climatique. Cette expansion nous renvoie donc au problème plus global de l’impact de l’homme sur les écosystèmes.
Ensuite, parce les chenilles se nourrissent d’aiguilles de pins. Elles fragilisent les arbres, les rendant plus sensibles aux attaques de pathogènes.
Enfin, parce qu’on la retrouve de plus en plus en zone urbaine et semi-urbaine. La processionnaire du pin se trouve ainsi confrontée à des populations qui ne sont pas habituées à cet insecte. Ceci augmente donc le risque de contacts entre les chenilles et les promeneurs, les enfants, les animaux domestiques et le bétail.
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