Lutter contre la chenille processionnaire du pin, c’est lutter pour la santé des forêts de pins mais aussi pour la santé publique. Si la processionnaire ne tue pas les pins dont elle dévore les aiguilles, elle réduit considérablement la surface photosynthétique et les rend nettement plus fragiles. Ses poils urticants peuvent provoquer des démangeaisons voir même des oedèmes chez les personnes mais aussi les animaux qui entrent en leur contact. La lutte s’organise donc, mais attention, pas n’importe comment !
Source:www.mrnf.gouv.qc.ca
La lutte ne permet en aucun cas d’éviter une nouvelle pullulation mais elle permet de protéger les peuplements d’arbres les plus sensibles ou de protéger les populations.
La chenille processionnaire du pin n’entraîne pas la mort des arbres dont elle dévore les aiguilles mais provoque des retards de croissance importants. Très vite, il est devenu nécessaire de traiter les forêts atteintes.
Des traitements chimiques ont d’abord été mis au point à partir de diflubenzuron et de deltaméthrine. Mais, l’usage de traitements phytosanitaires est peu à peu délaissé : deux raisons principales à cela. D’abord ces traitements n’éliminent pas seulement la processionnaire du pin : ils entraînent la mort d’autres insectes non cibles. Ensuite parce que ces traitements entraînent l’apparition de résistances et deviennent donc rapidement inefficaces.
La lutte biologique reste le moyen de lutte privilégié. On utilise pour cela le Bacillus thurengiensis (Bt). L’épandage par voie aérienne de Bt permet ainsi le traitement de grandes surfaces. Ce sont ses vertus entomotoxiques qui sont utilisées : ce bacille est capable de produire des toxines c’est-à-dire des protéines qui détruisent l’intestin moyen de certaines larves d’insectes (c’est le cas des larves de Lépidoptères) (7). Bien que plus respectueuse de l’environnement, cette technique montre ses limites. Elle est d’abord très onéreuse : les pulvérisations se font par hélicoptère. Elle est ensuite peu sélective : des Lépidoptères non cible peuvent être atteints.
La lutte s’organise donc, et plusieurs équipes de l’INRA testent actuellement des moyens de lutte adaptés et respectueux de l’environnement. Plusieurs pistes sont à l’étude.
L’utilisation d’ennemis naturels de la processionnaire en est une. Il semblerait que dans les zones nouvellement colonisées par la chenille, ses prédateurs naturels soient absents ou tout du moins présents en nombre restreint. Sans ennemi, la processionnaire a la belle vie et peut pulluler en toute tranquillité. Il s’agirait donc d’introduire des oiseaux prédateurs comme la huppe ou des parasites dans les zones nouvellement colonisées. On parle également de lutte biologique.
L’utilisation de phéromones sexuelles est également envisagée. Avant l’accouplement, la femelle émet une phéromone, la pityolure, qui attire le mâle. L’idée est de mettre en place des dispositifs imbibés de pityolure dans les zones d’accouplement : les mâles ne sachant plus où donner de la tête, sont incapables de trouver la femelle et meurent sans même s’être accouplés. On peut également utiliser cette phéromone de synthèse afin d’attirer le mâle dans un piège.
Pour éviter que votre jardin se couvre de nids blancs, des précautions peuvent être prises. Il faut par exemple éviter de planter des pins en particulier des pins noirs, la plante hôte préférée de la processionnaire du pin.
En plantation, une rangée d’espèces non hôtes bordant la lisière la mieux exposée au soleil peut permettre de limiter les attaques à un niveau acceptable.
Si vous avez un nid dans votre jardin : pas de panique. L’utilisation d’un sécateur ou mieux d’un échenilloir est préconisée (sorte de sécateur au bout d’un long manche). Il permet de couper la branche qui supporte le nid, nid qui devra ensuite être brûlé. Il est conseillé de se débarrasser des nids le plus tôt possible : lorsque les chenilles sont les plus vulnérables (entre septembre et octobre). Dès le troisième stade larvaire, les chenilles se couvrent de poils urticants. Il devient alors nécessaire de se protéger de tout contact avec les poils. La destruction des nids d’hiver (novembre à février environ) nécessite donc plus de précautions : si une allergie tu veux éviter, tout contact avec les poils urticants tu éviteras. Il est à noter que les nids vides contiennent des poils qui peuvent se disperser sous l’effet du vent, il est par conséquent également conseillé de s’en débarrasser en les brûlant.
Le cycle de la chenille processionnaire se déroule généralement sur un an. Il varie d’une région à l’autre selon les conditions environnementales comme l’ensoleillement et la température (6). Les données indiquées dans ce tableau correspondent donc à un cycle dit « moyen ». La période de traitement, en orange, se situe entre septembre et décembre : l’idéal est de les repérer et traiter le plus tôt possible.
Sur la lutte biologique à partir de Bacillus thurengiensis :
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/zoologie/d/comment-bacillus-thuringiensis-tue-til-les-insectes_9736/
Source :
http://www.daapv.unipd.it/
promoth/objectives.htm
Loin d’être un fléau franco-français, la processionnaire du pin est présente dans d’autres pays européens. Le projet PROMOTH (pour « PROcessionary MOTH », le nom anglais de la processionnaire du pin) est un programme européen dont le but est de protéger les forêts de pins et d’élaborer des moyens de lutte adaptés en mettant en commun les travaux de différentes équipes européennes :
http://www.daapv.unipd.it/promoth/
L’INRA d’Orléans travaille sur la thématique « Chenille processionnaire du pin et réchauffement climatique ». Elle a mis au point un model prévisionnel d’expansion de la processionnaire et cherche à mettre au point un programme de lutte biologique à partir de parasites :
http://www.orleans.inra.fr/les_unites/ur_zoologie_forestiere/processionnaire_du_pin
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