Depuis quelques temps déjà des ruches fleurissent dans les grandes villes françaises. Après les villes de Nantes, Lilles, Besançon, après le Conseil Régional du Languedoc Roussillon, la région Ile de France et bien d’autres, voici venu le tour de Micropolis, la cité des insectes. En 2008, l’Union Nationale de l’Apiculture Française, le principal syndicat apicole français, et Micropolis ont en effet matérialisé leur partenariat dans le cadre du programme national « L’abeille, Sentinelle de l’environnement ».
L’UNAF a été créée en 1946 pour édifier une structure syndicale unifiée regroupant apiculteurs professionnels et amateurs afin de constituer un interlocuteur solide auprès des pouvoirs publics.
L’UNAF élargit aujourd’hui son champ de compétences à travers des actions d’information et de sensibilisation tournées vers un plus large public. Lancé fin 2005, le programme « Abeilles, Sentinelle de l’environnement » est un projet national de sensibilisation au rôle de l’abeille qui connaît un joli succès. L’UNAF n’est pas tout à fait étrangère à la prise de conscience actuelle sur le cas de l’abeille : le développement de partenariats et la médiatisation des installations de ruches sur des établissements publics ont rapproché le grand public (citadin et rural) et l’abeille (13).
Source : www.svt.967.fr
Riches de plus de 60 millions d’années de co-évolution, abeilles et plantes à fleurs ont développé une relation privilégiée. L’association plantes à fleurs/abeilles évoque à coup sûr dans notre esprit la production de miel mais attention à ne pas occulter une partie de ce « partenariat » si particulier.
Si les abeilles ont besoin des plantes pour combler leurs besoins énergétiques, les plantes à fleurs ont besoin des abeilles pour assurer leur reproduction.
Lorsque l’on est une plante et que notre atout principal n’est pas forcément la mobilité, difficile d’aller déposer notre pollen sur le pistil d’une autre plante de la même espèce et donc de s’assurer une descendance. Plusieurs possibilités s’offrent à la plante : laisser le vent se charger de la pollinisation (on parle de pollinisation anémophile) ou encore utiliser des animaux, la plupart du temps des insectes, allant de fleurs en fleurs (on parle de pollinisation entomophile). Tous les stratagèmes sont alors bons pour attirer l’insecte : couleurs, odeurs, formes. L’abeille est le principal insecte pollinisateur. En favorisant la fécondation croisée entre plantes de la même espèce, elle a permis l’émergence d’une grande biodiversité végétale.
L’abeille a donc une grande importance écologique : elle assure la pollinisation de plantes sauvages et de plantes cultivées. Notons qu’une bonne pollinisation permet notamment une amélioration des rendements agricoles et une meilleure qualité des récoltes. L’impact économique de la pollinisation par les abeilles en France est estimé à 610 millions d’Euros (12).
L’abeille fait partie des rares espèces animales qui à elles seules sont indicatrices de l’état de santé de tout un écosystème. Un épisode de mortalité massif dans une colonie n’est donc pas anodin et peut être la manifestation du déséquilibre d’un écosystème.
Pourquoi l’abeille, plus qu’une autre espèce animale ou végétale est-elle indicatrice de la qualité de tout un écosystème ? Pourquoi ce petit insecte si léger et si fragile en apparence est-il indicateur de la qualité d’un milieu ?
L’abeille domestique consomme du nectar et du pollen. Elle est capable de relever d’infimes traces de pollution dans un rayon de quelques kilomètres autour de son nid. Si les « matières premières » qu’elle récolte sont polluées, des traces de pollution pourront se retrouver dans le miel produit, elle peut même être intoxiquée. L’abeille peut être intoxiquée par une exposition unique (toxicité aiguë) ou répétée (toxicité chronique).
Le programme de l’UNAF vise à sensibiliser et informer le grand public sur différentes problématiques sociétales majeures :
- la sauvegarde de la biodiversité et de l’environnement ;
- l’évolution vers une agriculture durable ;
- le rapport ville / campagne et la relation de l’homme à la nature ;
- le bien-être et la santé via les produits de la ruche.
L’UNAF ambitionne donc de rapprocher l’abeille des citoyens. Pour cela, elle met en place des colonies d’abeilles sur des bâtiments publics ou privés partenaires. Véritable vecteur de communication, l’installation de ruches à des emplacements inattendus est l’occasion d’apporter des réponses concrètes aux interrogations actuelles.
Micropolis présentait déjà les abeilles à ses visiteurs à travers la salle « En société » et l’atelier « Api Micropolis ». La cité des insectes a organisé, à l’occasion de la concrétisation de ce partenariat une journée festive autour du thème de l’abeille. Par ce biais, elle manifeste de nouveau son intérêt pour l’environnement et la sauvegarde de la biodiversité.
Sur l’UNAF :
http://www.unaf-apiculture.info/
Sur les abeilles et l’environnement :
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Abeillenvironnement.pdf
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