La chenille processionnaire du pin

La vie de la processionnaire du pin

Si la chenille processionnaire du pin revient sur le devant de la scène, sa biologie passionnait déjà Jean Henri Fabre, le père de l’entomologie française. Dans ses Souvenirs Entomologiques, il consacre à la processionnaire du pin un long chapitre inspiré de ses observations et expériences. Laissez vous conter l’histoire de cette « vorace bête ».

 

Le pacte de JH Fabre

Jean henry FabreJean Henri Fabre

Connue aujourd’hui pour être le premier ravageur forestier français et pour ses poils urticants, la chenille processionnaire du pin fascinait déjà JH Fabre, le père de l’entomologie française. Il conclut même un pacte avec ces « voraces bêtes » qui tissent des nids de soie blanche sur les pins de son jardin en hiver. Le pacte est simple : il accepte de laisser les chenilles en paix tout un hiver, prenant le risque de voir ses « pins devenir chauves », mais en échange, elles doivent lui raconter leur histoire…


 

A la fin de l’été :

Les papillons sortent du sol. Sans plus de palabre, à la tombée de la nuit, une fois ses ailes déployées, la femelle se met à la recherche d’un arbre digne de supporter ses ébats. L’animal est exigeant, l’essence est essentielle : le pin noir d’Autriche et le pin sylvestre sont recherchés. Elle attire ensuite le mâle à l’aide d’un subtil cocktail chimique.

Lorsque l’accouplement est terminé, la femelle fécondée s’envole et choisit un arbre pour pondre. Elle ne parcourra pas une très grande distance, 3km en moyenne. La ponte enroulée autour de deux aiguilles de pin compte 200 à 300 œufs et est protégée par un enchevêtrement d’écailles provenant de l’abdomen de la femelle, qui meurt peu de temps après la ponte.

A l’automne :

L’éclosion a lieu en septembre : de chétives créatures en sortent. Les chenilles dont la taille est alors de l’ordre du millimètre changeront de costume quatre fois passant ainsi par cinq stades larvaires successifs. Leur corps se couvrira de poils de plus en plus chatoyants mais aussi de soies urticantes dès le troisième stade larvaire. Sachez résister à la tentation de prendre dans vos mains ces jolies créatures à la fourrure si douce. Tenter l’expérience serait à vos risques et périls : je vous prédis démangeaisons et yeux gonflés. Méfiance donc.
Dès l’éclosion, les chenilles entreprennent leurs deux activités favorites : tisser et se nourrir. Elles tissent un abri de soie qui les accueillera provisoirement lors de leur repos le jour : c’est le pré-nid.

En hiver :

Lorsque les premiers froids arrivent, elles édifient une construction plus solide qui les protégera des rudesses hivernales : c’est le nid d’hiver. Leur instinct est grégaire : une pour toutes et toutes pour une. La journée, elles sommeillent tranquillement dans leur nid douillet. Leurs sorties, la nuit, se font en procession : « elles cheminent sur un seul rang, en cordon continu, chacune touche de la tête l’arrière de la précédente ». Du nid à leur lieu d’alimentation, elles tissent un fil de soie, fil conducteur qui les ramènera à coup sûr vers leur nid.

Au printemps :

Le mois de mars venu, les chenilles quittent leur nid en une ultime procession appelée procession de nymphose. Elles cherchent un sol suffisamment meuble et s’y enfouissent. Chaque chenille tisse un cocon autour d’elle et va se métamorphoser en chrysalide. A la fin de l’été, les papillons s’extraient du sol et un nouveau cycle peut commencer (2).

 

Le cycle biologique en images

Cycle biologique en image

Pour en savoir plus

Sur la biologie de la chenille processionnaire :
http://www.futura-sciences.com/fr/comprendre/dossiers/doc/t/zoologie-1/d/la-chenille-processionnaire-du-pin_700/c3/221/p1/

Sur les observations et les expériences de Fabre sur la processionnaire du pin :
http://www.e-fabre.com/e-texts/processionnaire.htm


 
 
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